Souvenirs et sentiments: Chapitre 3

Chapitre 3 : Au plus profond de soi-même...
 
 
Il faisait noir. Tout était noir. Je commençais à avoir peur. J'étais seul. Mais j'entendais sa voix. Je l'entendais qui me parlait, je l'entendais pleurer. J'aurai voulu le réconforter, mais j'étais comme paralysé. Je le sentais me prendre la main, je le sentais me caresser les cheveux, je le sentais m'embrasser un peu partout sur le visage... Mais j'étais coincé ici. Dans le noir. De temps à autre, je voyais une faible lueur. Je revoyais certains moments de ma vie. Comme le jour où je l'ai perdu pour la première fois...
 
Nous n'avions que sept ans. Nous étions de simple gosses. Mon père m'avait abandonné, pour je ne sais quelle raison. Et c'est là que je l'ai rencontré. Il venait d'arriver à l'orphelinat où je résidais. Il ne parlait quasiment pas. Au début, il m'ignorait. Et ça commençait sérieusement à m'énerver. Alors, on se bagarrait souvent. On se cherchait mutuellement. Au beau milieu d'une de nos bagarres quotidiennes, j'appris enfin son nom. Grey. Grey Fulbuster. Au début, je m'en fichais. On en s'appelait que par des surnoms. Des surnoms ridicules. Il était courant d'entendre des « tête à flamme » par ci, des « cerveaux congelé » par là. Je suis d'accord, ça ne volait pas haut. Mais c'était notre façon de communiquer. Je me souviens du jour où je l'ai trouvé en train de pleurer. Ce jour là, il m'a avoué que ses parents lui manquait. Énormément. Il me racontait comment ils étaient, ce qu'ils faisaient tous ensemble, mais aussi comment il les avait perdus. Bêtement, si je puis dire. Un accident de voiture. Ils étaient morts sur le coup, laissant derrière eux un petit garçon au c½ur brisé. Moi, le lui ai alors raconté que mon père m'avait abandonné. Et que je n'avais jamais connu ma mère. Finalement, on avait plus de points communs que je ne le pensais. Nous étions tout les deux des enfants abandonnés, en quête d'amour. Je ne sais pas si je ressentais déjà des sentiments plus forts à son égard, mais je me souviens à quel point j'ai eu le c½ur brisé quand on m'a annoncé qu'il partait. Une famille l'avait adopté. Pendant longtemps, j'en ai voulu à cette famille. Car elle m'avait enlevé la personne la plus chère à mon c½ur.
 
Il faisait à nouveau noir. Je ressentis une grande tristesse une grande tristesse dans mon c½ur. Mais elle fut vite remplacée par un autre moment fort de ma vie.
 
Nous avions dix-neuf ans, tout les deux. Le bac dans la poche, nous avions pris des parcours différents, mais nous étions officiellement en couple. J'étais la personne la plus heureuse au monde. Enfin... jusqu'à ce fameux jour. Je me rendais au café où on avait l'habitude de se voir, avant de rentrer. C'était notre petit rituel... Mais, en me rendant au point de rendez-vous, je les vis, tous les deux. Juvia Loscker, une fille de sa promo, avait les bras positionnés derrière sa nuque. Lui, avait ses mains sur ses hanches. Ils s'embrassaient fougueusement. Grey embrassait Juvia. À ce moment là, je sentis mon c½ur se serrer. J'étais tellement déçu et... en colère. En rompant leur échange, Grey tourna légèrement la tête, et me vit. Il écarquilla les yeux et voulu dire quelque chose. Mais je ne lui en laissais pas le temps que je me retournais, et partit en courant. J'arrivais en trombe chez moi, je pris un sac et j'y rangeais toute ses affaires. Je ne voulais plus le voir. J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et des pas précipités dans l'escalier. Il entra dans la chambre et me vit en train d'emballer ses affaires. À ce moment là, on s'est violemment disputés. Je lui crachais au visage tout ce que j'avais sur le c½ur. Toute ma déception, toute ma colère, toute ma tristesse. Il m'a laissé parler, sans rien dire. Ce soir là, j'avais tout lâché. Tout ce que je ne lui avait pas dit, tout ce que je lui reprochais. Absolument tout. Puis, une fois calmé, il me prit dans ses bras. J'aurais voulu le repousser, mais j'en étais incapable. Au contraire, je resserrais notre étreinte. Dans ses bras, je me sentais... en sécurité. Il me parlait à l'oreille. Il me disait qu'il était désolé. Qu'il avait été lâche. Et qu'il ne s'était pas rendu compte du poids que j'avais sur le c½ur. Je ne sais plus comment, mais j'ai réussi à trouver la force de lui pardonner. Je ne pouvais vivre sans lui. Je n'ai d'ailleurs plus jamais revu cette Juvia. Et tant mieux. À présent, je pouvais vivre heureux. Enfin, je l'espère...
 
Le noir m'engloutit à nouveau. Soudain, je sentis une pression sur ma main. C'était Grey. Il tremblait. Il avait peur. Je ne sais pas comment, mais je sentis cette peur me submergé. Comme ce fameux soir où il n'était pas rentré.
 
C'était il y a quelques mois seulement. J'étais tranquillement à la maison. Dehors, c'était la folie. Une tempête avait éclaté. J'avais peur. Peur des éclairs, peur de l'orage. Il était 20h. Grey sortait de l'hôpital, normalement. Il rentrerait pour 20h30. C'est ce qu'il m'avait dit. Mais plus les minutes passaient, plus je m'inquiétais. 21h sonna. Et il n'étais toujours pas rentré. J'aurais voulu l'appeler, mais je savais qu'il ne fallait trop téléphoner pendant un orage. 22h sonna. J'étais posté à la fenêtre. Les larmes avaient déjà franchies la barrière de mes yeux. Et elles s'écoulaient abondamment sur mes joues. Il rentrait pas. Et s'il avait eu un accident ? Et s'il... et s'il ne rentrait jamais ? Je ne sais pas ce qu'il m'a prit ce soir là. Mais je suis sorti. La pluie tombait abondamment, des éclairs zébraient le ciel et l'orage retentit bruyamment. Il y avait énormément de vent. Je me suis assis sur le perron, le dos sur la porte, la tête contre le muret. Je pleurais toujours. J'avais froid. Très froid. La pluie s'abattait sur moi, le vent me fouettait le visage. Ma vue devint soudainement trouble. Puis, une main secoua mon épaule. Quelqu'un m'appelait, mais je n'arrivais pas à répondre. Je me sentis alors soulever. Une fois à l'intérieur de la maison, je me sentis secoué de plus belle. C'était Grey. Il hurlait mon nom. Enfin, je réagis. Je le pris soudainement dans mes bras, les larmes coulant toujours sur mes joues. Il me repoussa violemment et commença alors à me crier dessus. Je ne réagissais pas. Il me demandais ce qu'il m'avait prit de faire ça, de ne plus jamais recommencer, que j'aurais pu mourir et qu'il ne l'aurait pas supporté. J'avais baissé la tête, honteux. Finalement, il me serra dans ses bras, me soufflant qu'il avait eu peur. Je lui racontai alors que moi aussi j'avais eu peur. Au final, il me proposa d'aller prendre un bain. Chose que j'acceptais avec joie. On a passé le reste de la soirée dans les bras l'un de l'autre.
 
À nouveau le noir. Je ne fus pas surpris. Mais... combien de temps cela durerait-il ? Je n'en sais rien. Tout à coup, je sentis une douce pression sur mes lèvres. C'était froid, mais chaud en même temps. C'était ses lèvres. Une douce chaleur se rependit dans mon corps. Il se sépara de moi rapidement, mais je le sentis me prendre dans ses bras. Comment savais-je que c'était lui ? Je le savais. C'est tout. Une douce lumière remplaça le noir. Je pensais me réveiller. Mais non. Cependant, je reconnaissais le lieu qui apparaissait devant moi. Oui. C'était ce fameux soir.
 
Nus nous retrouvions au bar, comme à notre habitude. Mais cette fois ci, je me souviens, j'étais très tendu. Car je comptais le lui dire. Je ne savais pas si c'était réciproque. Mais je devais lui dire. À ce moment là, il a arrêté de parler pour me fixer. Sans doute a-t-il deviné que quelque chose me tracassait. Un blanc s'installa entre nous. Je me sentais de plus en plus stressé. Et s'il me repoussait ? Ou même pire ? Et s'il ne voulait plus jamais me voir ? Il me demandait si ça allait, ou bien si je voulais qu'il aille prendre un verre d'eau. Il n'attendit pas ma réponse qu'il s'était déjà levé. Je me levai à mon tour et lui agrippa son bras. Il se retourna vers moi, surpris. Moi, j'avais les yeux baissés. Je n'osais pas le regarder. Cependant, je réussi à lui dire ces trois mots :
« Je t'aime ! »
Voilà, je le l'ai dit. Je n'osais toujours pas le regarder. J'avais tout gâché. Je lâchai son bras, les joues rouges. Je passai alors devant lui, me dirigeant vers la sortie. Soudain il m'agrippa mon bras à son tour.
« Attends ! »
Je me retournai vers lui et sans que je m'y attende, il posa ses lèvres sur les miennes. Ses lèvres étaient froides, mais chaudes en même temps. J'approfondis notre échange au début chaste, et qui devenait de plus en plus passionné, en passant mes bras derrière sa nuque, entortillant mes doigts dans ses cheveux ébènes. Il se sépara de moi à contre c½ur, par manque d'air. Grey me sourit tout en me déclarant :
« Moi aussi je t'aime, Natsu. »
Et sur ces mots, il m'embrassa à nouveau. Je souris contre ses lèvres. Autour de nous, j'entendais les gens nous applaudir. Ce jour merveilleux restera à jamais gravé dans ma mémoire.
Le jour... de notre premier baiser.
 
Du noir. Encore et toujours du noir. Quel autre moment de ma vie allais-je voir maintenant ? Je n'en sais rien. Une lumière apparut. Un autre souvenir. Enfin, c'est ce que je croyais. Je ressentis de la douleur, j'avais un peu froid, et ma tête me semblait lourde. J'aurais voulu crier, mais j'en étais incapable. La lumière s'agrandit. Elle m'aveuglait désormais. Il me fallu du temps pour comprendre où j'étais. J'étais allongé dans un lit blanc. J'entendis un « bip » qui retentissait au rythme de mon c½ur. Je n'arrivais pas à bouger, mais je réussis tout de même à tourner légèrement la tête. Il était là. Grey était là. Des larmes coulaient sur ses joues. J'aurais voulu les essuyer, mais je ne pouvais toujours pas bougé. Je réussis tout de même à articuler faiblement...
« Grey...
- Natsu ! »
Il me prit doucement dans ses bras. Je réussi tant bien que mal à passer mes bras dans son dos. Je souriais faiblement dans son cou, tandis que lui pleurait dans le mien. J'avais réussi. J'étais enfin sorti de cette spirale infernale.
J'étais enfin réveillé.

Tags : Mini fiction - Concours - Yaoi - Natsu - Grey

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